Les Poèmes de la Lune Rouge (XIX)

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Travail en cours. La numérotation du chapitre est provisoire.

XXXI

Aux droites libérales de tous poils le fric! Et ce, grâce aux forces de travail immigrées, jeunes et bon marché. A la gauche la haine de l'Europe assassinée!

Jacob voyait ainsi l'histoire récente de cette pointe de l'Asie, jadis si puissante, qui n'en finissait pas de sombrer! C'est le nombre qui fera à terme la différence, si nous ne réagissons pas maintenant, pensait-il.

Mais quel nombre? Le nombre de qui? Le nombre de quoi? Tout simplement, le nombre d'Européens prêts à dire que cela ne vas plus, que nous ne sommes pas d'accord! Nous demandons que l'envahissement de notre continent cesse! Nous demandons que nos hôtes indésirables, ceux qui nous molestent à l'arme blanche, et qui ne tarderons pas à passer aux armes à feu, soient renvoyés chez eux!

Jacob était persuadé que se préparait en Europe une nouvelle guerre entre chrétiens et musulmans. Il pensait qu'il y avait, au sein de l'islam politique radical, après que les musulmans eurent été boutés hors d'Europe, une forte idée de revanche qui perdurait. Il fallait laver les affronts de Poitiers, 723, de Tourtour, 973, de la Reconquista qui s'acheva à Grenade, 1492 et de Vienne, 1529 et 1683, et conquérir le continent afin d'y installer le Califat d'Europe. Peuplé de dhimmis dociles, si possible!

Que faire? Jacob se plaisait à rappeler que cette expression était aussi le titre d'un opuscule de Lénine! A part préparer la lutte, inévitable, il ne voyait pas bien quoi. Faire l'autruche, comme la plupart de ses contemporains? Tout cela le déprimait! Il se tourna vers la bibliothèque, choisit une compil de U2 et introduisit la galette dans le lecteur. Les premières notes de "Beautiful Day" eurent tôt fait de lui changer les idées! Il aurait tellement aimé jouer de la basse comme Adam Clayton! Mais il ne s'aventurait pas à penser pouvoir chanter comme Bono!

Couché sur le canapé, il écoutait "One" en sirotant son cognac lorsque Oona arriva. Elle portait sous le bras un paquet, qu'elle déposa sur la table basse. Elle rentrait de sa conférence sur le chamanisme celtique. Afin de se rendre présentable, Jacob se redressa, s'assit correctement et enfila ses babouches, qui gisaient sur le tapis. Il posa son verre sur la table. Il lui donna un baiser sur la joue, qui était froide. Elle le lui rendit. Il lui vanta les qualités musicales de U2, ce que, vu ses racines irlandaises, elle ne pouvait qu'approuver, fût-ce par patriotisme!

Oona lui raconta la conférence. L'orateur était un spécialiste d'histoire des religions de l'Université de Dublin. Une pointure. Elle était contente! Elle se servit une larme de cognac et s'assit à côté de lui. Ils s'embrassèrent goulûment. Ils se regardèrent avec amour. C'était un rendez-vous pris pour tout bientôt! Elle vit cependant que quelque chose le turlupinait. Elle le questionna à ce propos, et il lui raconta les pensées qui l'avaient agité durant la soirée. Oona lui dit de chasser tout cela de son esprit, qu'il ne devait pas toujours tout voir en noir, que c'était son grand défaut. Elle le connaissait bien, son Jacob! Il acquiesça, et lui sourit!

Son sourire fatal, comme elle disait, la fit aussitôt craquer! Oona se leva, le prit par la main et l'emmena dans la chambre. Qu'y avait-il, au fond, de plus important qu'une nuit d'amour? Rien. Absolument rien, ni les deux mortes de Zermatt, ni le manuscrit de la Lune Rouge, ni le chamanisme celtique et ses mystères, ni le clash des civilisations musulmane et chrétienne, ni... tout le reste!

Et encore moins un paquet posé sur la table basse du salon!

Jacques Davier (Octobre 2020)

Commentaires

  • Puisqu'elle le portait sous le bras, ce paquet devait être rectangulaire et plat. S'il avait pesé plus d'un 1 kg, il aurait été transporté dans un sac. Le contenu du paquet devait être emballé, sinon Jacob l'aurait immédiatement identifié.
    Cet emballage: du genre commercial ou entièrement improvisé par Oona. Tissus, papier ou carton? Quelque signe distinctif à signaler, comme des lettres imprimées ou tracées à la main? Dans quelle langue? De la couleur? Des images? Une odeur identifiable? Agréable ou répugnante? Un remue-ménage à l'intérieur, comme un animal petit ou plat qui tenterait de s'échapper? Une empreinte sanglante à un coin?

  • Cher rabbit, papier Kraft, emballage solide et protecteur, contenu très banal, inerte, peut-être de type documentaire? Mais je n'en suis pas certain, on ne le saura qu'une fois le paquet ouvert!

  • Voilà qui me rappelle un passage de mon polar, Hey taxi !.
    Extrait pour vous donner envie.
    "En s’approchant du lieu du drame, il repéra dans les rosiers un petit paquet qui n’avait rien à faire là et le ramassa. Sur le moment, il ne prit garde à la légère secousse qu’il éprouva en mettant la main sur l’objet et l’imperceptible décalage, la petite suspension, avant de se redresser. Sa curiosité était divisée entre son souci de comprendre les raisons de cet attroupement exceptionnel et le contenu de cet emballage de tissu bordeaux. Mais il aurait tout le temps de vérifier ce contenu plus tard. Il glissa l’objet dans sa poche et se dirigea rapidement vers la scène qui ne manquera pas de le bouleverser et lui faire oublier un temps sa trouvaille."

  • Merci beaucoup, Pierre! Mystère, mystère! Je vais de ce pas me procurer votre roman!

  • Cher Monsieur Davier,

    Allez-vous publier ce roman de la Lune Rouge? Si oui, avez-vous une idée de quand cela se fera? Tenez-nous au courant! Merci.

  • Chère Plume,

    Tout d'abord, je vous remercie beaucoup de l'intérêt que vous portez à ma Lune Rouge! Cela me touche! J'ai tellement de plaisir à écrire ce roman que les chapitres s'ajoutent aux chapitres! Je ne sais donc pas avec certitude quand il sera terminé. Courant 2021, sans doute. Lorsque ce sera le cas, une publication pourra être envisagée, bien sûr! Je ne manquerai pas de vous informer sur ce blog!

  • Merci beaucoup pour ces informations, cher Monsieur Davier. Eh bien, en attendant sa parution je me réjouis d'en lire les prochains chapitres sur votre blog.

    Je ne sais pas pourquoi mais parfois l'ambiance de votre roman (surtout le passage chez le libraire au début) me rapelle celle du Golem de Meyrink et pourtant ça n'a aucun rapport.

    Bien à vous

  • Oui, mais je ne me lancerais qu'à condition de trouver le résultat final satisfaisant! Et il faudrait encore qu'un éditeur l'accepte! Bien à vous!

  • Cool ! Moi j'attends que rabbit nous donne les liens vers ses créations. S'il en est un qui doit, devrait (et certainement s'y résigne) écrire, c'est bien lui.
    Mais je le soupçonne d'une préoccupation qui consiste à concilier le besoin de participer à celui de s'effacer. A moins que ce ne soit que le fruit de mes préconceptions que je projette. Mais je ne boude pas mon plaisir de le voir intervenir, ici et là avec un décalage jouissif.

  • Et votre plaisir anticipé est légitime, mon cher Pierre. Nous avons déjà eu cette conversation sur une autre antenne et je ne changerai pas ma réponse: tout a déjà été tenté dans le domaine littéraire et je n'ai rien de nouveau à ajouter. Si je n'avais que deux livres à emporter sur une île déserte (chinoise?), ce serait «L'homme qui plantait des arbres», de Jean Giono, et «Fictions», de Jorge Luis Borges. À supposer que je me lève un matin avec un plan d'enfer dans la tête pour arriver à cette cote en faisant du neuf, vous seriez le premier informé.

  • "tout a déjà été tenté dans le domaine littéraire et je n'ai rien de nouveau à ajouter"
    J'ai un temps pensé ainsi pour la musique. Puis je me suis ravisé. Tout est toujours tout neuf, unique, particulier, personnel.
    C'est le besoin de nouveauté que nous devrions questionner. Qui est celui qui éprouve ce besoin ? Quels sont les ressorts qui l'animent, ses intentions ?
    Il parait que l'écriture est un art et que, comme pour toutes les disciplines, ça s'apprend. Je n'ai jamais appris à écrire. J'écris comme ça me vient de manière irrépressible et fluide, presque sans rature. Le style est médiocre, je n'ai pas de référent et je suis une feignasse qui répugne à l'effort. Je ne fais donc pas le minimum de recherche qui permettrait à une histoire d'avoir un semblant de cohérence. Le geste est donc gratuit et sans prétention. Comment en serait-il autrement, c'est comme un pet ou un crachat. Juste l'envie de partager avec ceux qui auraient la curiosité d'explorer une pensée un peu brute de décoffrage pour laisser place à l'imaginaire du lecteur et lui permettre d'affiner, colorer avec ses représentations.
    J'ai du plaisir à la lecture des grands comme ceux que vous évoquez. Mais j'ai trouvé une nourriture vivante avec des auteurs inconnus qui, par l'authenticité du message, m'ont transporté dans leur univers et considérablement augmenté mon champ de vision.
    Un excès d'humilité peut parfois camoufler une vanité subtile.
    Plus le temps passe, moins j'éprouve la nécessité d'une cause pour agir. En revanche je m'épanouis lorsque je peux suivre une impulsion, une intuition qui n'est pas le résultat d'une réflexion. Suspendre le temps et contempler le silence d'un esprit serein qui a fait la paix avec le monde et lui-même en réalisant qu'ils ne font qu'un.
    Bref, tout ça pour dire que je serais aux anges de pouvoir plonger dans une fiction rabittienne qui tienne en plus que les 140 caractères de Twitter ou les quelques lignes de commentaires sur ces blogs qui sont des apéros, des perles disséminées qui donnent envie d'en faire un collier.

  • J'abonde dans votre sens, ô Pierre. Bien que l'écriture puisse être assimilée à une forme de thérapie, la démarche ne devrait en aucun cas servir de stimulant à une hypertrophie de l'égo. Ceci pour la survie de l'art littéraire, bien entendu. Par contre, vous reconnaissez avoir aussi un talent inné pour la musique. Pourquoi de pas diffuser vos exhibitions sur YouTube, TikTok ou toute autre plateforme de ce genre, en évitant de choquer la décence et froisser le code pénal.

  • "Bien que l'écriture puisse être assimilée à une forme de thérapie, la démarche ne devrait en aucun cas servir de stimulant à une hypertrophie de l'égo. Ceci pour la survie de l'art littéraire, bien entendu."

    J'irais plus loin en suggérant que l'art en général est d'abord une self-thérapie et ensuite une besoin d'exister au monde jusqu'à espérer de la reconnaissance.
    Pourquoi je ne publie pas mes productions ? Eh bien parce que, si je pense effectivement que tout est toujours neuf, ma seule prétention dans l'expression artistique consiste à mettre à disposition des contenus sans les promouvoir.
    Si je peux aisément comprendre qu'un artiste souhaite pouvoir vivre de son talent, j'ai toujours trouvé suspect le fait de se vendre. Ce qui pourrait d'ailleurs justifier l'existence des intermédiaires, producteurs, imprésarios, mécènes et autres bailleurs de fonds qui se sucrent au passage ou ont eu le flair dans leur investissement.
    Je suis d'ailleurs très réservé sur le rôle de l'Etat dans la promotion de la culture et abasourdi par le culot de ces artistes en herbe qui exigent des subventions. Je me plaisais à leur faire remarquer que j'avais des places disponibles dans mon entreprise de taxi et qu'is pouvaient facilement organiser leur temps pour pratiquer leur art sans dépendre du bien vouloir des autres.

    En outre, je considère que nous sommes tous des artistes qui s'ignorent et nous avons tous un message particulier, unique et irremplaçable à communiquer. Ne nous reste qu'à trouver le bon médium qui peut être à mille lieue des créations artistiques au sens habituel. Un bon business man exprime son talent aussi bien qu'un virtuose de quelque instrument que ce soit et peut ravir un auditoire aussi large.

    C'est en ce sens que je considère souvent la culture comme surfaite (overrated) et les artistes comme des malades en puissance qui sont presque condamnés à assumer leur nombrilisme au lieu de le relativiser.

    En revanche je suggère à l'inverse que la modestie et l'humilité d'un artiste peut aussi être suspecte. Une autre façon de se prendre au sérieux sans en avoir l'air. Publier ou ne pas publier ne devrait pas même venir à l'esprit de celui qui produit quoi que ce soit en répondant à un impulsion irrésistible. Ce n'est que lorsque la pensée se met en marche que la perversion s'infiltre.

    Donc, si jamais vous éprouvez de la curiosité pour mes productions, tout est disponible en ligne. J'aurais adoré pouvoir accéder aux vôtres car je ne doute pas un seul instant qu'elles doivent bien exister quelque part. Et si ce n'est pas le cas, alors j'insiste pour que vous envisagiez de nous pondre un petit opus de votre cru sans vous préoccuper de ce que nous en ferons, juste pour partager la synthèse de vos expériences qui me semblent riches et foisonnantes.

  • "...en évitant de choquer la décence et froisser le code pénal."

    Est-ce un mot pour édulcorer la chute de l'intervention ?
    Si choquer la décence ne devrait pas être considéré comme un devoir qui insufflerait une mission narcissique à celui qui pense devoir heurter pour faire passer son message, l'expression spontanée, intuitive et sensible mérite de se passer ce ce genre de préoccupation.
    Quant à froisser - quel terme ! - le code pénal, je dirais simplement que c'est justement ce qui lui permet d'évoluer avec son temps et faire le ménage dans les innombrables archaïsmes qui le pervertissent. Du moins lorsqu'on considère l'esprit de la loi, notion peu chère à notre dernière instance qui s'arc-boute sur la lettre.

  • La «Théorie générale des Choses», de Pierre Jenni, est une transposition du «Tractatus logico-philosophicus» de Ludwig Wittgenstein, en un langage moderne accessible à tous. Les nombreux aphorismes dont il est composé, ont été astucieusement dissimulés par leur auteur entre les chapitres, pages et paragraphes du livre alors en chantier de Jacques Davier: «La Lune rouge», de façon à s’inscrire de façon subliminale dans le cerveau des ses futurs lecteurs. Livre qui, après avoir reçu le Prix des Lecteurs de la Tribune de Genève et été salué par l’ensemble de la critique parisienne, est en cours de traduction en anglais et en mandarin pour répondre à l’attente d’un public planétaire. C’est à Rabbit que l’on doit la révélation de cette manipulation, visible par une courbure de l’espace-temps dans le chapitre XXVI.

  • Wittgenstein ? Why not ? Faudra que je me coltine au moins sa deuxième oeuvre qui semble remettre en question ses premières conclusions.
    Non, mes influences sont beaucoup plus modestes et surtout font la part belle à ceux qui savent éviter les prises de tête. Pour n'en citer que deux je dirais Krishnamurti que j'ai eu le privilège d'écouter à Saanen et avec moins de charisme mais un discours cohérent, Eckart Tolle.

  • Je reconnais volontiers être tombé très tôt dans la potion magique avec un premier périple en Inde à 19 ans.
    Mes intuitions d'alors sont aujourd'hui confirmées par les recherches du neuro-biologiste Robert Sapolsky qui sont admirablement condensées dans son dernier ouvrage "Behave".
    La boucle est ainsi bouclée. Science et mystique se rejoignent pour dénoncer l'imposture de l'ego, la fiction de l'observateur, la tyrannie de la pensée et l'illusion d'un libre arbitre.
    J'accède enfin à un véritable épanouissement sans le moindre effort. Pire, je n'en fous pas une brique du matin au soir et du soir au matin et je n'éprouve pas le moindre manque, aucun vide à remplir. L'instant devient vivant. Réalité inaccessible et intraduisible qu'aucun système, aucune méthode, ne saurait proposer sauf à plonger dans l'inconnu, explorer les méandres de l'esprit qui façonne la conscience et qui divise pour mieux régner et nous pourrir la vie.

  • "Donald Trump a affirmé dimanche qu’il ne «changera pas d’avis» sur ses accusations sans preuve de fraude électorale, lors de sa première interview télévisée depuis le scrutin présidentiel remporté par Joe Biden", écrit Le Matin en ligne de ce jour. Ou la Pravda, tellement à l'imprssion d'être transporté dans l'URSS des années 1950! Il y a deux fausses nouvelles dans ce texte. Les accusations son prouvées, et dénoncées à la justice, de un, et Biden n'est toujours pas président, de deux! Chers lecteurs, vous devez très sérieusement vous méfier des informations qu'on peut lire dans cette feuille de chou!

  • Cher Monsieur,

    Je viens de découvir cette vidéo toute récente sur la presse, qui va totalement dans votre sens. Elle devrait vous réjouir et vous passionner.

    C'est la Pravda effectivement et vous allez mieux comprendre pourquoi ... et ça fait très peur. l'AFP et les mondialistes sévissent tout autant en Suisse:

    https://www.upr.fr/actualite/pourquoi-cette-defiance-des-francais-envers-la-presse/

  • "tout a déjà été tenté dans le domaine littéraire et je n'ai rien de nouveau à ajouter" (écrit par rabbit le 29 à 19h21, repris par Pierre Jenni dans son commentaire du même jour à 22h35).

    Tout a été tenté et dit? Et il n'y aurait rien rien à ajouter?

    J'aimerais quand même ajouter brièvement ce qui suit.

    Certes, tout et rien ce n'est pas la même chose. Ce qui n'empêche que c'est du pareil au même.
    Je m'explique.

    Celui qui désire comprendre l’univers avant de partir en poussière doit savoir que tout a déjà été dit sur tout. Et quand je dis “tout”, cela inclut le contraire de “tout”, c’est-à-dire “rien”. En effet, il ne fait aucun doute que le contraire de “tout” fait partie de “tout”, sinon le “tout” ne serait pas le “tout” mais seulement une partie du “tout”, ce qui est impensable. Point n’est besoin d’avoir fait des études pour comprendre que si le “rien” n’était pas compris dans le “tout”, le “tout” ne serait pas le “tout”. D’où cette évidence: le rien ne saurait avoir une existence en dehors du tout. Ce que l’on peut aussi exprimer ainsi: “rien n’est hors du tout, pas même le rien”; ou bien: “hors du tout, le rien n’est rien”; ou encore: “hors du tout, pas de rien”; ou encore: “hors du tout, pas de salut”. La meilleure preuve que le “rien” fait partie du “tout”, c’est que pour dire “rien”, on dit souvent “rien du tout”. Vous voulez d’autres preuves, “vous qui prenez plaisir à ce qui n’est rien” (Amos 6:13)? Dans ce cas, demandez-vous ce qui se passe quand on essaye de retrancher le “rien” du “tout”. Les mathématiciens qui se sont livrés à cet exercice sont unanimes: il ne se passe rien du tout (ils font remarquer qu’il ne se passe également rien du tout quand on essaye de retrancher “trois fois rien” au “tout”). Et pourquoi ne se passe-t-il rien? Parce qu’en toute bonne logique, “tout moins rien” égale “tout”, ce qui prouve bien que le “rien” est inséparable du “tout” – et vice versa. De même, il ne se passe strictement rien quand on essaye d’ajouter le “rien” au “tout”, puisque “tout plus rien” égale “tout”, ce qui prouve une fois de plus que le “rien” est inséparable du “tout” (on peut remplacer “rien” par “trois fois rien” et/ou “tout” par “trois fois tout”, cela ne change rien à l’affaire). Plus concrètement: ne suffit-il pas de prendre un tout petit “rien” de rien du tout (l’ensemble des êtres humains, par exemple; Daniel n'a-t-il pas écrit, en 4:32 : “Tous les habitants de la terre ne comptent pour rien”; et, en 4:35 : “Tous les habitants de la terre ne sont à ses yeux [aux yeux du Très-Haut] que néant”?) et de déposer ce tout petit “rien” de rien du tout n’importe où (à la surface de la terre, par exemple) pour se rendre compte qu’il fait partie du “tout”? D’ailleurs, quel serait le sens d’un “rien” qui, de façon tout à fait indépendante, ne serait vraiment rien (un “rien” flottant, en quelque sorte)? Et à quoi servirait-il, loin de “tout”? Un tel “rien”, dépourvu de sens et ne servant à rien, est tout bonnement inconcevable. De plus, si “rien” ne faisait pas partie de “tout”, on n’en parlerait même pas; mieux: on n’en aurait jamais entendu parler. Car qui pourrait dire quoi que ce soit au sujet d’un rien qui, n’étant rien, vraiment rien, absolument rien, rien de rien, serait la négation du “rien”? Or, causer de “rien” n’a rien d’extraordinaire puisque, quand on demande aux gens de quoi ils parlent, ils répondent fréquemment: “de tout et de rien”. On en déduira que “tout” n’est pas tout et que “rien” n’est pas rien, autrement dit que le “tout” n’est pas tout sans le “rien” et que le “rien” n’est pas rien sans le “tout”. Tout cela confirme que le “rien” n’a pas d’existence en dehors du “tout”. Le fait que le “tout” ne soit pas tout sans le “rien” et que le “rien” ne soit pas rien sans le “tout” n’empêche pas le “tout” de n’être rien sans le “tout” et le “rien” de n’être rien sans le “rien”. La sagesse populaire ne dit-elle pas: “on n’a rien sans rien”? Ce qu’elle explicite aussitôt en ajoutant: “on peut tout avoir avec de l’argent” (Ecclésiaste 10:19 n'affirme-t-il pas que “l’argent procure tout”, “l’argent permet de tout résoudre”?). Et pourtant, l’argent n’est pas tout. D’un autre côté, l’argent n’est pas rien non plus. Comme “on ne peut rien avoir sans argent”, force est de constater que rien n’est gratuit. Sauf dans le grand bazar de l'Éternel, où l'on peut se procurer, “sans argent, sans rien payer, du vin et du lait” (Ésaïe 55:1; un coup de pub qui sent l’arnaque à plein nez). À partir de là, je vous laisse le soin de trouver 1°) ce que l’on peut avoir avec “rien”, 2°) ce que l’on ne peut pas avoir avec “rien”, 3°) ce que l’on peut avoir sans “rien”, 4°) ce que l’on ne peut pas avoir sans rien, 5°) ce que l’on peut avoir avec “tout”, 6°) ce que l’on ne peut pas avoir avec “tout”, 7°) ce que l’on peut avoir sans “tout” et 8°) ce que l’on ne peut pas avoir sans “tout”.
    En cherchant bien, vous découvrirez non seulement que “tout” et “rien” sont interchangeables, mais que “avec” et “sans” le sont également, de même que
    - plus et moins,
    - positif et négatif,
    - dedans et dehors (Évangile extra-canonique de Thomas, logion 22 : “Jésus leur dit: «Quand vous aurez fait le deux un et que vous aurez fait l’intérieur comme l’extérieur et l’extérieur comme l’intérieur et le supérieur comme l’inférieur (...), alors vous entrerez dans le Royaume»”),
    - grand et petit (Luc 9:48 : “Celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand”),
    - fort et faible (II Corinthiens 12:10 : “Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort”),
    - haut et bas (Luc 14:1 : “quiconque s’élève sera abaissé et quiconque s’abaisse sera élevé”),
    - pour et contre,
    - blanc et noir,
    - vrai et faux,
    - bien et mal (Ésaïe 5:20 : “Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal”; Évangile apocryphe de Philippe, logion 51b: “Dans ce monde, il y a du bien et du mal. Ce qui est bien n’est pas bien et ce qui est mal n’est pas mal”),
    - mâle et femelle (Galates 3:28 : “Il n’y a plus ni homme, ni femme; car tous, vous êtes un en Jésus-Christ”),
    - amour (I Jean 4:8 et 4:16 : “Dieu est amour”) et haine (Job 33:10 : “Et Dieu trouve contre moi des motifs de haine; il me traite comme son ennemi”; Deutéronome 1:27 : “C'est parce que l'Éternel nous hait qu'il nous a fait sortir du pays d'Égypte”),
    - vérité et mensonge (Montaigne: “Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà”),
    - naturel et surnaturel,
    - Dieu et le diable (Jérémie 17:14 : “Guéris-moi, Éternel et je serai guéri (...) car c’est toi que je loue”; si l’on se réfère au nombre de malades qui ont adressé cette prière à l'Éternel et qui sont morts de leur maladie, il y a fort à parier que s’ils avaient adressé la même prière à Satan, le résultat n’aurait pas été pire),
    - le paradis et l’enfer,
    - etc.

    Jésus-Christ, celui-là même qui était descendu et qui est remonté, n’a-t-il pas déclaré:
    - Je suis le tout et le rien,
    - le plus et le moins,
    - le juste (I Jean 2:1 in fine: “Jésus-Christ le juste”) et le faux (Matthieu 24:24 et Marc 13:22 : “De faux Christs et de faux prophètes”; petit rappel: pour les Juifs, Jésus fut un faux prophète),
    - le visible et l’invisible (Le Coran LVII:3 : “ [Dieu] est (...) Celui qui est apparent et Celui qui est caché”),
    - le dedans et le dehors,
    - l’endroit et l’envers,
    - la droite et la gauche,
    - l’avant et l’après (Jean 1:15 : “Celui qui vient après moi m’a précédé car il était avant moi”),
    - le pour et le contre,
    - le oui et le non,
    - la pauvreté et la richesse (Apocalypse 3:17 : “Tu dis: «Je suis riche, je me suis enrichi et je n'ai besoin de rien» et tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu”),
    - le Père et le Fils (le troisième paragraphe du «Quicumque» commence ainsi: “Comme est le Père, tel est le Fils”),
    - l’Esprit et la chair (cf. Galates 5:16-17),
    - l’alpha et l’oméga (cf. Apocalypse 1:8, 21:6 et 22:13),
    - le début (cf. Colossiens 1:17 et 1:18) et la fin (Hébreux 7:3 : “On ne lui connaît (...) ni commencement de jours, ni fin de vie”),
    - le premier et le dernier (Ésaïe 44:6 : «Je suis le premier et je suis le dernier»”; Ésaïe 48:12 : «C’est moi, moi qui suis le premier, et je suis aussi le dernier»; Le Coran LVII:3 : “C'est Lui [Dieu] le Premier et le Dernier”; Matthieu 20:16 : “Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers”),
    - le jour et la nuit (Job 17:12 : “la nuit, c'est le jour”; le Coran LVII:6 : “Il [Dieu] fait pénétrer la nuit dans le jour et le jour dans la nuit”. Untel, qui demeure en Suisse, affirme sur son blog: «il fait nuit!» Tel autre, qui se trouve en Nouvelle-Zélande, lui rétorque aussitôt: «pas du tout, il fait jour! Douze heures plus tard, le Français au Néo-Zélandais: tiens, ici aussi, maintenant il fait jour!» Réponse du Kiwi: «chez nous, au contraire, maintenant c’est la nuit!» Surgit un Lapon, qui se joint à la conversation: «ici, dans le Finnmark, ça fait plus d’un mois qu’il fait nuit... Vous faites comment pour changer aussi vite?»),
    - la lumière (Jean 8:12 : “Jésus leur parla de nouveau et dit: «Je suis la lumière du monde»”) et les ténèbres (Job 10:22 : “La lumière est semblable aux ténèbres”; Psaumes 139:12 : “Les ténèbres ne sont pas obscures, la nuit brille comme le jour, les ténèbres sont pareilles à la lumière”; Jérémie 13:16 : “Il [l’Éternel] la réduira [la lumière] en obscurité profonde”),
    - le mouvement et le repos (Évangile extra-canonique de Thomas, logion 50 : “S'ils vous demandent: «quel est le signe de votre Père qui est en vous», dites- leur: «c'est un mouvement et un repos»”),
    - la vie et la mort (Évangile apocryphe de Philippe, logion 7 : “La lumière et les ténèbres, la vie et la mort, la droite et la gauche sont soeurs les unes des autres; elles sont inséparables. C’est pourquoi ni les bons sont bons ni les méchants méchants, ni la vie est vie, ni la mort est mort”)
    ?
    À ceux qui objecteraient: “c’est faux, Jésus n’a pas dit tout cela”, je répondrai: que savez-vous de ce que le Christ a dit et n’a pas dit? Tout n’a pas été consigné par écrit! S'il a véritablement dit (et ce à une époque où les fake news étaient inconnues) une partie de ce que je viens d'énumérer, pourquoi n'aurait-il pas dit le reste?

  • Lorsque vous avez affaire à une justice politisée, pas étonnant qu'elle rejette vos recours! Objectivement, Trump est mal barré. Seule la Cour Suprême pourrait encore le sauver...

    Au fait, où donc pourrions-nous trouver une justice qui ne soit pas politisée?

  • Joe Biden a fait une chute samedi en jouant avec un chien. Quelques petits os abimés à un pied; rien de grave pour la médecine, mais avertissement divin pour les évangélistes du middle west. «Le bonheur est un idéal de l'imagination et non de la raison» (Emmanuel Kant).

  • A voir son état général l'énergumène ne devrait pas faire long feu. A moins que le pouvoir soit générateur d'une force qui m'échappe, n'y ayant jamais vraiment goûté.
    Quoi qu'il en soit, cet évènement n'est qu'un élément de plus qui nous indique sans l'ombre d'un doute la fin d'un cycle et il n'est pas nécessaire d'aller chercher les explications dans les fables religieuses.

  • Oui, comme je l'ai déjà dit, je n'arrive pas à comprendre comment des gens sains de corps et d'esprit ont pu voter pour un tel débris! Fin d'un cycle ou changement d'ère, on va quoiqu'il en soit le sentir passer!

  • Les marxistes prophétisaient la fin de l'Histoire, alors que c'est bien la Politique qui agonise. Nous passons dans l'ère des cycles, analysés et gérés par l'économie mondiale. Fini la démagogie partisane et régionale, il faut considérer les chiffres et eux seuls. C'est bien plus rassurant, non?

  • Déjà les politiciens, surtout de gauche il faut bien le reconnaître, sont pénibles, insupportables, moralistes et donneurs de leçons en temps normal, alors qu'on nous épargne leurs simagrées et jérémiades d'après votations! La barbe! Tiens, je vais me passer un petit Lennon, "Gimme some truth", par exemple!

    https://www.youtube.com/watch?v=WbhktzkGoH0

  • Yeah !

    On commence par exiger la vérité, puis on cherche désespérément un abri:

    Oh, a storm is threat'ning
    My very life today
    If I don't get some shelter
    Oh yeah, I'm gonna fade away

    https://www.youtube.com/watch?v=RbmS3tQJ7Os

  • Yeah! Gimme Shelter, géant! Merci, rabbit!

  • Les Stones n'ont pas fait partie de ma discographie. J'avais l'impression d'entendre toujours le même titre. Impression confirmée à cette écoute.

  • Et la chouette version de Samantha Fox et Hawkwind emporte loin vers des territoires qu'affectionnent les amateurs de grands espaces et de motorik orbital :

    https://www.youtube.com/watch?v=2rKDapypfo0

  • "Il se tourna vers la bibliothèque, choisit une compil de U2 et introduisit la galette dans le lecteur. Les premières notes de "Beautiful Day" eurent tôt fait de lui changer les idées!"

    C'est exactement ce que j'éprouve lorsque je passe de vos considérations sur la politique américaine à l'écoute d'un lien musical. Tout bascule immédiatement et me propulse dans un état d'esprit libéré par la magie du son et la créativité des interprètes. Je deviens un autre. Et je réalise la force de la pensée et donc le besoin impératif, non pas de la maîtriser qui ne serait qu'un de ses artifices, mais de réaliser son jeu au service d'une entité fictive.

  • Vous savez, Pierre, ici c'est un peu comme dans les films de Godard et de Rohmer, où les gens débitent des flots de paroles pour remplir le silence et remplacer l'absence. La réalité est ailleurs que sur cet écran.

  • Merci pour cette excellent reprise, que je ne connaissais pas! Hawkwind est un des monstres des Seventies, je parle de la période avec Robert Calvert en tant que poète déclamant et chanteur! Voir Space Ritual et Hawklords, notamment.

    Et aussi ça! Bob Calvert accompagné par ses potes de Hawkwind!

    https://www.youtube.com/watch?v=VkMMUOp3Y4k

  • Vous aimez les faux vaccins mais vraies thérapies géniques (Pfizer) contre le corona?
    Ecoutez le professeur Perrone, qui n'est pas un complotiste, certes pas, mais une tête de la médecine, et qui en connaît un rayon! C'est la voix de la sagesse.

    https://www.youtube.com/watch?v=2fcFa2xI6sY

    Et pour la bonne bouche!

    https://www.youtube.com/watch?v=Wma9gLCajYc

    Et pour la deuxième bonne bouche!

    https://www.youtube.com/watch?v=WifGwz484_s

  • Je compatis sincèrement à votre douleur.
    Mais ce qui me turlupine personnellement, c'est que Biontech faisait hier +6% et Pfizer +4%, alors que tout baisse aujourd'hui et qu'Astrazeneca, Roche et Novartis jouent aux abonnés absents.
    On ne peut se fier à personne, vous avez raison. Foutue époque !

  • En effet, le fait que les actions des fabricants de vaccins grimpent en dit long... Mais cela n'était évidemment pas le but recherché, nous jurera-t-on, ce n'est au fond qu'un heureux hasard!

    Et avec un vaccin qui assure "au moins" trois mois d'immunité (voir Le Matin de ce jour, repris de l'ATS), cela nous fait du quatre doses par an! Juteux marché, isn't'it? De la gueule de qui se fout-on? A quand le vaccin hebdomadaire, sinon quotidien?

  • Et encore ceci!

    https://www.youtube.com/watch?v=bBvcf89ngkg

  • Oh, vous tous, partisans d'un fraudeur et d'un menteur, enfin pas tout à fait puisqu'il a reconnu la fraude, un moment d'égarement sans doute, dû à un petit coup de vieux, ou d'alzheimer, peut-être, pouvez-vous encore vous regarder dans la glace le matin?

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