Ailleurs

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En 2020, on part pour ailleurs... mais c'est où, ailleurs? J'ai toujours détesté partir pour ailleurs, je suis un homme du hic et nunc, de l'ici et maintenant!

Un départ pour ailleurs

Ça se discute pas!

Même le plus railleur

Emboîtera ton pas

 

Mais dis, où c'est, ailleurs?

Est-ce sur la Neva

Gelée des patineurs?

Allez viens on y va!

 

Est-ce loin tout au sud

Merveilleuse oasis

D'où le soleil exsude

Splendide catharsis?

 

Un départ pour ailleurs

Ça se discute pas!

Vers un monde meilleur?

Mais c'est qu'y en a pas!

 

Jacques Davier (Janvier 2020)

Lien permanent Catégories : Poe aime! 22 commentaires

Commentaires

  • Vous avez l'embarras du choix Messire Jacques, Rapa Nui, Alpha de Centauri... Messire Gieslebert qui a une belle boussole sait ptre si y' a pas Utopia quelque part.
    A la rigueur "le Mississippi", "ça doit être quelque chose, il suffirait de chipper un canoë et en route" comme dirait Huckelberry Finn.
    Bonne soirée

  • Merci, Dame Frieda! Une Utopia, cela doit se trouver, à la rigueur dans un autre univers... mais je suis preneur! C'est drôle que vous parliez du Mississipi, car ce fleuve apparaît dans un de mes prochains poèmes! Bien à vous!

  • Ailleurs l’herbe est plus verte, c’est bien connu …, Ailleurs le mythe fondateur de la littérature universelle, cela commence avec le vieil Homère qui envoie ses héros grecs venger l’honneur de leur collègue Ménélas. En fait ces Hellènes se foutaient d’Hélène et de son cocu de mari comme de leurs premières cnémides, ils n’avaient qu’une envie, laisser leurs Pénélopes à leurs métiers à tisser, marre de torcher leurs gosses, de la corvée d’aspirateur et du partage des tâches ménagères… Ailleurs, c’était la promesse du Pactole, de l’or, des contrées nouvelles à piller surtout, violer, dévaster, riffauder des populations entières, des plaisirs tout simples…

    Alors, ailleurs, vous Maître Jacques qui vous trouvez si bien aux Archives cantonales, à jouer au baby-foot avec vos collègues près de la machine à café de la salle anti burn-out, on comprend bien que vous n’ayez nulle envie de suivre les conseils de Lady Frieda, su l’on ose parler de conseils, la honte ! Proxima du Centaure ? Vu la distance et la vitesse de votre 4x4 interstellaire, les éventuels Centauriens ne retrouveraient de vous qu’un tas d’os et de poils, z’auriez intérêt à vous faire lyophiliser avant le départ……Quant à Utopia, réservez-la à votre machine à rêves, la nuit lors de votre dodo paradoxal. Son inventeur Thomas More en a perdu la tête et ses suiveurs, tous ceux qui ont voulu réaliser le bonheur sur terre n’ont créé qu’un enfer mal pavé.

  • Diantre ! Vous àllez pas lui donner des chocottes ! je n' ai pas conseillé à Messire Jacques de partir en comité groupé organisé club med avec ses collègues huns ou vikings, pour détruire massivement les écoutilles des guides touristiques en plagiant des chansons ollé ollé de Frankie Vincent, de ripailler des festins gargantuesques avec gogo dancers sur la table, de faire valdinguer les canettes derrière eux afin que l'herbe verte trépasse, d'amasser tout le butin de souvenirs et bibelots dans une grotte, en plus vous voudriez qu'il devienne carpette et y aime avec la fée verte, et se réveille à même le sol sous un panneau diversifié, c'est pas Jacques le Némésis, si ? Je le verrai plutôt s'enfuir sur les toits des archives municipales, cheveux aux vent, tel Don Giovanni s'évadant de sa geôle pour retrouver Oona à Rapa Nui.

  • Maître Gislebert, merci! Les Grecs ont en effet inventé l'ailleurs, dont je ne suis pas si fou que ça, c'est vrai! Mais, Proxima du Centaure, et encore Ursa Major et Ursa Minor (j'adore les noms latins), ça me fait quand même rêver, sans doute parce que c'est, comme vous le dites, inaccessible! J'irai en effet plus certainement me tirer un café à la machine à café, c'est désolant, mais quelques pas, et c'est fait! Bien à vous!
    PS. Je travaille aux Archives municipales, et non cantonales, mais pas de problème, les gens confondent souvent!

  • Je note que la Grande Bretagne a quitté ce jour l'Europe institutionnelle. C'est un Grand Jour pour la démocratie et la liberté!!! Puissent d'autres pays en faire autant! Long live the people!

  • Brexiter maintenant ? Z’aviez déjà une réputation de climatosceptique gretaphobe, teintée de misogynie et d’archaïsme, un peu gros vilain barbudo réac, vous prenez des risques en dérapant ainsi hors des clous, Maître Jacques, dans le collimateur des gardiennes de la révolution que vous allez vous retrouver, vous allez vous faire gauler par la brigade. Encore heureux si on vous réduit pas à l’état d’Abélard, qui finit moine après ses amours avec Héloïse… Vous vois pas vraiment tonsuré, pour le reste ne saurai me prononcer…

  • Messire Gislebert,

    Sachez qu'on l'attend de pied ferme cette brigade des hystériques femino-trans-fascisto-verdâtres! Et on la vaincra. Ce n'est qu'une question de temps.

  • Tonsuré, moi, Maître Gislebert? Préfère pas! Déraper hors des clous? Oui, dangereux, surtout qu'aucun panneau de signalisation n'a été prévu pour mon profil (pas une femme, quelle que soit la déclinaison, malgré de sincères efforts en queeritude (si, si!), pas trop le genre imper chapeau...). Bah, je jouerai à cache cache avec la brigade! Bien à vous!

  • Merci beaucoup pour ce commentaire si pertinent qui me réchauffe le coeur, Maître Jacques:

    Ça nous change des billets des ces petits journaleux européistes aux ordres comme celui-ci, qui au passage essaie de faire peur au quidam pour lui donner envie de voter pour l'accord cadre et ensuite pour l'adhésion de la Suisse au Titanic de l'UE:

    https://www.tdg.ch/editorial/big-bang-big-ben/story/24559604

    Et je ne parle même d'un autre billet de ces blogs qui parle de "Samedi noir pour l'Europe" alors que l'Europe n'a rien à voir avec l'UE.

    Vous serez sans doute très intéressé pas le dernier Bistro Libertés dans la première partie duquel Martin Peltier décrit très bien comment les mondialistes sont en train de détruire l'Occident et sa civilisation. Il parle entre autre l'abominable Greta:

    https://www.youtube.com/watch?v=y-UC6XEj9iU

  • L'ailleurs fantasmé par le romantisme allemand et mis en musique par Schubert
    en 1821 (Der Wanderer):

    Le voyageur

    Je viens de la montagne,
    la vallée fume, la mer gronde
    j'erre silencieux, ne suis que peu joyeux,
    et mon soupir demande toujours : où?

    Le soleil me laisse froid
    la fleur fané, la vie vieux,
    et ce qu'ils disent, un écho vide;
    je suis partout un étranger.

    Où es-tu, mon pays adoré?
    Je t'ai cherché, pressenti, mais jamais connu!
    Le pays, le pays vert comme l'espoir,
    le pays où fleurissent mes roses.

    Où mes amis se promènent,
    où les morts ressuscitent,
    le pays qui parle ma langue,
    ô pays, où es-tu?

    J'erre silencieux, ne suis que peu joyeux,
    et mon soupir demande toujours: où?
    En un chuchotement d'esprit m'arrive la réponse:
    "Là où tu n'es pas, se trouve le bonheur."

    Georg Philipp von Lübeck : "Des Fremdlings Abendlied"
    Traduction : Yannis Haralambous

  • https://images.app.goo.gl/uEWJC7sp4XSkEzbJ9

  • Le même thème (inépuisable), vu par F. Nietzsche en 1878:

    «Qui est parvenu, ne serait-ce que dans une certaine mesure, à la liberté de la raison ne peut rien se sentir d'autre sur terre que voyageur - pour un voyage, toutefois, qui ne tend pas vers un but dernier: car il n'y en a pas. Mais enfin, il regardera, les yeux ouverts à tout ce qui se passe en vérité dans le monde; aussi ne devra-t-il pas attacher trop fortement son coeur à rien de particulier; il faut qu'il y ait aussi en lui une part vagabonde, dont le plaisir est dans le changement et le passage.»

    F. Nietzsche / "Humain, trop humain!"

  • Arrive le moment crucial où il faut partir, puisque nous l'avons décidé.
    Comme Paul Claudel, nommé Consul à Shanghai en 1895 :

    Ballade

    Nous sommes partis bien des fois déjà, mais cette fois
    est la bonne.
    Adieu, vous tous à qui nous sommes chers, le train qui
    doit nous prendre n’attend pas.
    Nous avons répété cette scène bien des fois, mais cette
    fois-ci est la bonne.
    Pensiez-vous donc que je ne puis être séparé de vous
    pour de bon ? alors vous voyez que ce n’est pas le cas.
    Adieu, mère. Pourquoi pleurer comme ceux qui ont de
    l’espérance ?
    Les choses qui ne peuvent être autrement ne valent pas
    une larme de nous.
    Ne savez-vous pas que je suis une ombre qui passe,
    vous-même ombre en transparence ?
    Nous ne reviendrons plus vers vous.

    Et nous laissons toutes les femmes derrière nous, les
    vraies épouses, et les autres, et les fiancées.
    C’est fini de l’embarras des femmes et des gosses, nous
    voilà tout seuls et légers.
    Pourtant à ce dernier moment encore, à cette heure
    solennelle et ombragée,
    Laisse-moi voir ton visage encore, avant que je ne sois le
    mort et l’étranger,
    Avant que dans un petit moment je ne sois plus, laisses
    moi voir ton visage encore ! avant qu’il soit à un autre.
    Du moins, prends bien soin où tu seras de l’enfant, l’enfant
    qui nous était né de nous,
    De l’enfant qui est dans ma chair et mon âme et qui
    donnera le nom de père à un autre.
    Nous ne reviendrons plus vers vous.

    Adieu, amis ! Nous arrivions de trop loin pour mériter votre
    croyance.
    Seulement un peu d’amusement et d’effroi. Mais voici le
    pays jamais quitté qui est familier et rassurant.
    Il faut garder notre connaissance pour nous, comprenant,
    comme une chose donnée dont l’on a d’un coup la
    jouissance,
    L’inutilité de l’homme et le mort en celui qui se croit vivant.
    Tu demeures avec nous, certaine connaissance,
    possession dévorante et inutile !
    « L’art, la science, la vie libre »…, -ô frères, qu’y a-t-il entre
    vous et nous ?
    Laissez-moi seulement m’en aller, que ne me
    laissiez-vous tranquille ?
    Nous ne reviendrons plus vers vous.


    Envoi

    Vous restez vous, et nous sommes à bord, et la planche
    entre nous est retirée.
    Il n’y a plus qu’un peu de fumée dans le ciel, vous ne nous
    reverrez plus avec vous.
    Il n’y a plus que le soleil éternel de Dieu sur les eaux qu’Il
    a créées.
    Nous ne reviendrons plus vers vous.

  • Pour Robert Desnos, ce départ est un vrai déchirement poétique :

    Tu diras au revoir pour moi à la petite fille du pont
    à la petite fille qui chante de si jolies chansons
    à mon ami de toujours que j’ai négligé
    à ma première maîtresse
    à ceux qui connurent celle que tu sais
    à mes vrais amis et tu les reconnaîtras aisément
    à mon épée de verre
    à ma sirène de cire
    à mes monstres à mon lit
    Quant à toi que j’aime plus que tout au monde
    Je ne te dis pas encore au revoir
    Je te reverrai
    Mais j’ai peur de n’avoir plus longtemps à te voir.

    Extrait de : Siramour

  • Caspar Friedrich maintenant, Lady Frieda et rabbit nous sortent la grosse artillerie du romantisme tudesque. Tant qu’à faire, z’auraient pu nous causer de Wagner, le Wanderer, c’est le Wotan borgne qui erre avec sa lance et qui, au final de La Walkyrie, protège d’une ceinture de feu sa fifiille chérie Brunhilde… Ach que c’est beau. Ne l’ai pas mis, n’ai pas trouvé Hotter.

    Pour rabbit, toujours fort cunicultivé (forcément) d’après un commentateur dont le pseudo commence par G et se termine par o, cette comptine d’un french poète un peu oublié, Théodore de Banville, Parnassien de la période Baudelaire, Gautier, Rimbaud & Cie et qui n'appréciait guère les Romantiques

    https://www.youtube.com/watch?v=ma3VievDJ_0

    Bien du plaisir dans vos clapiers.

  • @Frieda Merci. vous tenez la grande forme! Aller avec Oona à Rapa Nui, ce serait le rêve! Bien à vous!

  • @Rabbit Merci pour toutes ces références relatives à "l'ailleurs" et aux voyages... Bien à vous!

  • Pour en revenir au Brexit. Ecoutez tous et partagez cette (courte) vidéo édifiante de la vision de la démocratie selon l'Union européenne, très bien présentée par Ségolène Royale, qui parlait de "bonne question". Bref la rééducation du bon peuple. Cela devrait faire réfléchir tous ceux qui auraient encore des doutes concernant la votation à venir sur l'accord cadre et ce qui nous attend en cas de oui!

    https://www.youtube.com/watch?v=TrpbBRBHqGk

  • Saisissant au vol l'occasion qui m'est donnée par un cas particulier, je signale ici que je ne publierai pas les commentaires de commentateurs qui s'en prennent à, ou règlent leur comptes avec, d'autres commentateurs. Surtout si ceux-ci n'ont pas publié de commentaires sous mon billet. Ou, a fortiori, dans mon blog en général.

  • Pour ne pas gêner qui que ce soit, j'ai maintenu l'anonymat de ce "cas particulier", mais cela a le défaut de n'être pas clair du tout sur qui est concerné! Alors, je précise que ma remarque ne concerne pas mes commentateurs et commentatrices habituels. Bien à vous!

  • Merci Arthur! Edifiant, en effet. Bien à vous!

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