Palindrome

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"Nous tournons en rond dans la nuit et sommes consumés par le feu." Ce palindrome latin a servi de titre à un film de Guy Debord, tourné en 1978, qui parle de la société de consommation capitaliste, et de l'aliénation qui en est la conséquence. Un livre, tiré du film, a été publié en 1990, avec le même titre.

L'origine de cette locution est incertaine, elle a parfois été attribuée à Virgile, mais cela est douteux . On pense aux papillons de nuit attirés par la flamme de la bougie et qui vont s'y brûler, mais on y a aussi vu un sens ésotérique. (Source : Wikipedia)

Pour ma part, je dirais qu'il s'agit, plus largement, d'une allégorie de la condition humaine...

Me rendant chez mon libraire d'occasion préféré afin d'y faire quelques emplettes, je lui demandai dans quel rayon pouvait se trouver Debord, philosophie, sociologie, cinéma? Il me répondit : "Rayon alcoolos"! Très drôle, mais guère charitable! Quoique bien vu quand même : "...consumés par le feu"...

NB : la locution complète, non utilisée par Debord, ajouterait "ecce" entre "nocte" et "et" (Source : Wikipedia).

In girum imus nocte et consumimur igni

Commentaires

  • Vous rejoins, Maître Jacques, plus que vous le pensez. Homme libre, toujours tu chériras le palindrome… (Non John, on ne fait pas appel à vous).

    Pour les amoureux des mots, le palindrome représente le bonheur à l’état pur, l’acrobatie langagière, c’est la phrase vue au miroir, le serpent qui se mord la queue: ce reptile relit Perec, un classique qui doit vous plaire… On est bien d’accord, le vôtre est très philo. Ne traduit-il pas l’éternel recommencement de la vie aussi bien que de la phrase ?

    Version astrophysique : ne sommes-nous pas des papillons de nuit, à la recherche de la lumière du savoir, tourbillonnant dans notre petite science et nos équations et nous brûlant les ailes au brasier primitif du mur de l’ultime connaissance (très Plancké le mur…) ?

    Version les choses de la vie : serions-nous d’impénitents séducteurs, d’incorrigibles Betty Boop, poo-poo-pee-doo,.qui vibrionnent à la recherche de l’âme sœur idéalisée, toujours ce besoin de plaire, pour finir par se brûler à l’impitoyable réalité du marché et tomber sur le cul ?

    Deux exemples courts de Louise de Vilmorin :

    L’ami naturel ? Le rut animal.

    L’âme sûre ruse mal.

    Y aurait bien une version nécro, mais en cette veille de Noël et compte tenu de la sensibilité de votre lectorat, on s’abstiendra. Quand même un dernier pour Lady Frieda et Léontine, aussi de Madame de :

    Eh ! ça va, la vache ?

    Faites votre choix et bonne année, on se relit en janvier.

  • Merci, Messire Gislebert. Choix difficile! Louise de Vilmorin, excellent! Le mur de Planck, bien trouvé! C'est vrai, il faut chérir le palindrome, comme Perec, qui en a fait un de 1247 mots! Bonnes fêtes, et très bonne et heureuse nouvelle année!

  • Appréciant plus Laborit que Debord, deux naufragés nageant dans la même direction, je vous propose un court film d'animation pour accompagner ce cruel et lumineux palindrome latin.

    https://www.youtube.com/watch?v=e9dZQelULDk

    Heureuse année 2020 malgré tout.

  • Ça ne tourne plus très rond. Ça virevolte en rond dans la nuit. ;)

    Bonne journée.

  • Puisque vous faites dans le littéraire, je tiens à vous faire partager mon éclat de rire solitaire dans ce dimanche pluvieux. Je lis l'article de l'immense Isabelle Falconnier, sommité mondiale de la littérature universelle et épouse d'un autre ego aussi démesuré que le sien.
    Chez ces gens-là, monsieur, on est censé avoir une certaine culture...
    Alors voici, à propos du George de George Sand (p.14 de Cultura, supplément du Matin-dimanche) : "George" signifiant "celui qui travaille la terre" en berrichon.
    Champignac d'Or assuré subito...

  • Merci pour l'information, l'origine de Georges est grecque, bien sûr (Georgios)! J'adore le Grand prix du maire de Champignac! Voici le Champignac d'or 2018 : « Il faut réfléchir à la survie professionnelle des bouchers sans que les animaux soient tués à la fin » (V. Markus, militante antispéciste). En 2018 a aussi été attribué le Prix Pierre Maudet d'optimisation financière : « Le retour à la gratuité s’est révélé payant… ». Bien à vous!

  • Juste un PS avant de mettre les bouts : Georges vient bien du grec comme le précise El Barbudo, ce qui signifie travailleur de la terre. Je ne maîtrise pas encore assez bien le berrichon pour infirmer ou soutenir ses dires, Géo, mais votre copine Isabelle ne mérite peut-être pas le Champignac d’Or… Juste un accessit peut-être sur ce coup-là. Et puis le Berry, à vol d'oiseau, c'est pas si loin de Massalia que les Grecs avaient fondée...

  • "Georges vient bien du grec comme le précise El Barbudo" Mais était-il nécessaire de le préciser ? Il me semble que tout le monde sait cela...
    Pour moi, une telle bourde, parler des racines latines et berrichonnes de la culture européenne me paraît mériter largement cette distinction.
    Et puisque vous êtes médecin, dans la même veine : chirurgien, cela veut dire qui travaille de ses mains. Comme chacun le sait...
    (urgien = orges, si jamais...)

  • Bien aimable à vous de me le rappeler...

  • @Geo Sous réserve d'une éventuelle réponse de Gislebert à votre dernier mot, je fermerai cette discussion portant sur le prénom Georges, qui n'a que des liens très ténus, pour le moins, avec mon billet! Bien à vous!

  • Encore un mot sur les palindromes (cette fois, j’vous jure que c’est le dernier). La langue française n’en a pas l’exclusivité, ni l’apanage, l’anglais s’y prête tout autant, si ce n’est mieux en raison de sa concision. Cela va plaire à notre ami Arthur.
    Quelques exemples :

    - Pour un alcoolique non repentant : Red rum, Sir, is Murder
    - Un chat interloqué : Was it a rat I saw ?
    - Ce qui pourrait être un apocryphe napoléonien : Able was I ere I saw Elba
    - Enfin une médicale qui recommande la consommation d’oméga 3 ! : Doc, note, I dissent, a fast never prevents a fatness, I diet on cod.

    Arrivederci, Maestro Giacomo.

  • Merci, Maestro Gislebert, pour ces palindromes en anglais! Arrivederci!

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