Loin d'Oona (A Rapa Nui)

Imprimer

Pour Oona

Sur le récif

Si loin des cimes

Ce frêle esquif

Bientôt s'abîme

 

Tu vois ta vie

Au ralenti

Foin de survie

L'ange est parti

 

Jadis encore

Tu te souviens

Ses yeux, son corps

Tu pensais "Viens!"

 

Après le drame

Vint la folie

Bière, vin, lie

Le sang de l'âme

 

Et le dément

Ô Rapa Nui

Aima la nuit

Intensément

 

Mais où es-tu

Oona la triste

Toi ma vertu

Mon améthyste ?

 

Je t'ai cherchée

Belle Eurydice

Ainsi qu'Orphée

En son supplice

 

La pluie tombe

Lorsque les ombres

Sur les cœurs sombres

Scellent la tombe

 

Jacques Davier

 

Lien permanent Catégories : Poe aime! 12 commentaires

Commentaires

  • Pas de panique, Messire Jacques, si la comète Oona traine sa chevelure de Sirius jusqu'ici, elle vous reconnaîtra parmi les statues de l'île de Pâques et atterrira droit sur vous, les autres sont plutôt glabres. Tandis que si vous étiez resté à Athènes, elle aurait pu se méprendre avec la statue de Poséidon. En plus, d'après le Grand Tournant de qui vous savez, Pluton/Hadès risque de relâcher plus vite que prévu Eurydice.
    Bonne soirée à vous.

  • Merci, Dame Frieda! Athènes, ça me va, et si Eurydice est relâchée, alors... Bien à vous!

  • Il semblait pourtant, Cher Poète, que vous étiez parti plein de bonnes intentions à l’aube de l’année nouvelle. Las, à peine la première quinzaine achevée, vous v’là retombé dans une élégie pleurnicharde, toujours au sujet de votre gaélique Muse…

    Cette fois, ce n’est pas dans un marais de Virginie qu’elle a bu la tasse semble-t-il, mais au large de l’Ile de Pâques. Que diantre alliez-vous naviguer dans ce coin perdu et désolé du Grand Océan ? Jouer les Robinsons ? De quoi attraper la grosse tête pour sûr… A ce rythme, vous finirez échoué à Jérusalem, devant le Mur des Lamentations, bombardé nécrologue en chef de l’Administration cantonale…

    Soyons sérieux, juste un instant, votre poème en vers tétramétriques, mine de rien, tient bien la route, faut apprécier, ce n’est pas le genre le plus facile. L’un des exemples les plus illustres de la poésie française, « L’Heure exquise » est d’un poète qui voulait « de la musique avant toute chose » paraît-il, mais versifiait et rimaillait joliment… Une version chantée, on peut préférer le texte nu bien sûr. Je n’ai pas trouvé la version Nougaro pour plaire à Lady Frieda.

    https://www.youtube.com/watch?v=QCwQof72VVs

  • Merci, Messire Gislebert, pour ce commentaire! Cette interprétation de l'Heure exquise / La Lune Blanche est simplement géniale! D'autre part, Verlaine, et notamment dans La Bonne Chanson et les recueils antérieurs, est un maître, c'est vrai!

  • Ah Maître Jacques,

    Cette fois c'est aux confins de l'océan que vous nous emmenez!

    Cette chère Ile de Pâques, son culte de l'homme oiseau, son Rongorongo et ses célèbres moai. Parmi ces derniers on parle trop rarement des moai kavakava, dont étrangement on voit un exemplaire dans le film "La Piscine"!

    https://en.wikipedia.org/wiki/Moai_kavakava

    et on parle encore plus rarement des moai moko ("hommes lézards"), des moai miro et des moai tangata.

    Pour continuer le voyage je vous propose de télécharger (gratuitement) ce catalogue d'une des très rares exposition consacrées à Rapa Nui, intitulée "Splendid Isolation". Vous ne le regretterez pas. En voici le lien:

    https://libmma.contentdm.oclc.org/digital/collection/p15324coll10/id/101315

    PS: Pour 2020, il vous faut retrouver de toute urgence une nouvelle "améthyste" afin de pouvoir apprécier bière et vin sans risque d'ébriété. Mieux vaut toujours en porter une sur soi pour éviter le gueule de bois, du moins selon la légende.

  • Merci, Arthur, pour ce commentaire, et pour le catalogue de l'exposition du Met! Les Moai sont tellement mystérieux...

  • Merci Messire Gislebert ,
    Ben voilà, Gérard Souzay, sait parfaitement rouler les r, ce qui donne un effet plus doux.
    Bon dimanche.

  • Nougaro aurait chanté : "c' est l' heurrrrrhhhhe exquise."

  • Je quitte in instant l'Ile de Pâques pour revenir à Genève, m'étrangler au sujet de la votation à venir sur l'urbanisation de l'aéroport (on se comprend). Que cela soit clair : il faut urgemment arrêter de construire à Genève. Nous avons déjà assez de bureaux vides et assez d'habitants! Il faut laisser des espaces vides, et dédiés aux arbres, au bosquets, aux prés, aux jardins, où la population pourra déambuler à son aise, sentir le bonheur d'exister, voir la vie en vert et sentir sa poésie... Et si des Genevois vont habiter en France voisine, c'est très bien, on n'a pas fait le CEVA pour rien! Marre du béton et des clapiers Minergie, dans lesquels on ne peut que lentement dépérir. Il faut remplacer les immeubles projetés par des Moai, afin que Genève devienne une nouvelle Rapa Nui! Cela sera bon pour notre mental, car il n'y a pas que l'économie et le fric, dans la vie...

  • En voilà une idée, qu’elle est belle ! Des Moaïs à la place des clapiers Minergie… Remarquez que j’’en verrais plutôt une petite dizaine plantés sur la promenade de la Treille ou aux parc des Bastions, juste pour tenir compagnie à nos ayatollesques réformateurs, à s’admirer en chiens de faïence… Plutôt qu’une expression figée et stéréotypée, on pourrait leur donner le visage de nos édiles : un Moaï Maudet, un Moaï Salerno, un Moaï Hodgers etc… En carton-pâte plutôt qu’en pierre, la gloire politique est si éphémère…

  • Bien vu Maître Jacques.

    Sus aux bétonneurs!

    Notez que comme par hasard ce sont le PS, Ensemble à Gauche et le PDC qui veulent raser ces deux zônes villas pour y construire des bunkers.

    Quant aux hypocrites de Verts qui prétendent protéger la nature, eh bien il ne prennent pas position pour sauver ces poumons de verdure.

    En revanche, l'UDC et le MCG que les médias aux ordres nous dépeignent à longeur d'année comme d'affreux populistes resonsables de tous les maux de la Terre, ils s'y opposent.

    Nous aurait-on donc menti? ; )

  • Oui, Gislebert, excellent!

Les commentaires sont fermés.