Poèmes de l'ablation (V)

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Cycle de poèmes écrits en 1996, lors d'une étape importante de ma vie... (5/6)

V

 

Après la pluie

Au creux de l’été

Les champs et les chemins

Exhalent un air humide

Qu’aussitôt dissipe le Ciel

Purifié de bleu

 

Au rythme régulier de mes pas

La paysage change peu

Blés, friches, vignes tapissent

La terre de jaune, de brun, de vert

Un Corot sous le soleil

Voilà ce qu’offre août

A Dardagny

 

Puis la fraîcheur du bois

Détrempé m’accueille

Je ralentis et ma rétine

Capte un rai lumineux

A travers les feuilles

 

La beauté de cette vision

Soudain m’emporte

Aux origines du Monde

En cette minute je ne fais plus

Avec la Nature qu’Un...

 

Je sens l’Univers et le comprends

Je suis l’Univers...

 

Jacques Davier (1996)

Lien permanent Catégories : Genève, Poe aime! 15 commentaires

Commentaires

  • Boudiou! Vous avez quand même une bonne vue, Messire Jacques, si vous avez vu l'Origine du Monde dans les fourrés! En même temps, je veux bien vous croire, on ne peut plus caguer tranquille dans les bois, derrière un buisson, sans qu' y en est un qui dégaine son selfie ou son zoom !

    Super votre série de l'Ablation, j'aime! bonne soirée !

  • https://www.institut-courbet.com/wp-content/uploads/2016/04/desespéreface.jpg

  • Dame Frieda, cette drôlesse, quand on parle de fourrés, de buissons et de l’origine du monde, la voilà qui se pointe avec son « Courbet pour les Nuls » sous le bras… On voit qu’elle connaît Orsay sur le bout des doigts, si j’ose… La toile est dans un coin, au rez-de-chaussée, pas cachée vraiment, discrète sans plus… Pas de risques qu’elle s’en aille en prêt chez les coincés de la pudibonde Amérique ou chez les Emiratis, même si c’est une huile arabe qui la détenait auparavant.
    En ce temps-là, comme il est dit dans les Ecritures, le ticket de métro ou l’épilation rasibus n’étaient pas encore tendance, n’est-il-pas Frieda …

  • Bonsoir,
    J'y ai vu le début et la fin de toutes choses dans les bois, l'invisible devient visible, et vous, qu' avez vous vu, Messire Gislebert ?

  • Ouh là là, « l’origine de toutes choses »…

    Suis plus réaliste que Courbet et vous-même, Dame Frieda, j’y vois plutôt une vulve broussailleuse, symbole si l’on veut de l’origine non de toutes choses, mais de la perpétuation de l’espèce et donc du début de nos emmerdes… La Terre se débrouille sans nous, nous n’en sommes que des hôtes de passage, la fin viendra bien assez vite au rythme où nous la salopons...

    Et puis quand je vadrouille dans les bois, c’est plutôt pour chercher des champis non halucinos ou des petits fruits…

    Bien le bonjour chez vous, très Chère.

  • Cette oeuvre de Courbet ne m'inspire rien, j'aime bien son Désespéré
    bien que je le trouve pas assez réflecteur du désespoir et de la folie, plutôt de la mélancolie, Beaudelaire, Poe, Maupassant...décrivent mieux la folie, Goya est assez noir, je parlais des vrais forêts .

  • Que vous parliez d’une vraie forêt, avec des hêtres, des bouleaux ,quelques sapinets et des sangliers dans les taillis, je l’avois compris, Dame Frieda, mais que voulez-vous, difficile de ne pas vous taquiner…

    Pour le reste, sur la folie, j’abonde bien évidemment.

    " Il n’y a pas de génie sans un grain de folie. "

    C’est du moins ce vieil Aristote qui l’affirme. Vous citez trois écrivains tous morts dans leur petite quarantaine, ravagés pour deux d’entre eux par la syphilis (spectaculaire chez Maupassant), par l’alcoolisme pour Poe, encore que rien ne soit établi pour ce dernier.

    On pourrait ajouter à la liste Verlaine alcolo, Artaud souffrant d’hallucinations, Nerval de manie aigue et tous les bipolaires de l’écritoire (Balzac, Hugo…). Pas mal de TOC aussi : Colette, Hemingway, ou Scott Fitzgerald qui n’écrivait que bourré. Ces pathologies n’ont jamais freiné leur créativité, du moins pas avant d’atteindre le dernier stade de leur développement.

    Une étude anglaise datant de 2015 et réalisée sur plus de 82'000 Islandais (-ses) a montré qu’il existait parmi les sujets créatifs (danseurs, acteurs, auteurs, musiciens…) un gène lié à la créativité, qui favoriserait l’apparition de la schizophrénie et de la bipolarité. Elle a prouvé aussi que les risques de schizophrénie et de bipolarité étaient très nettement supérieurs chez les individus créatifs que chez les autres. Soyez vigilante.
    .

  • Voila qui est tres intéressant Gislebert puisque je crois me rappeler que l`Islande est le seul pays a avoir établi le génotype de ses citoyens et qu`il y a donc amplement matiere a l`étude comparative. Ou l`on voit que rien n`est donné ici-bas puisque, pour avoir acces aux joies de le création artistique, il ne suffit pas de faire partie des heureux porteurs de ces fameux genes liés a la créativité mais faut-il encore réussir a passer entre les gouttes de la folie et celles de l`éthanol tout en slalomant entre les divers paradis artificiels non autorisés.

  • On est parti des taillis et des fourrés, puis on a fait un petit détour par Courbet, et nous voici arrivés chez les artistes, en passant par les fous! J'aime bien!

    Merci à vous, Frieda, Gislebert et Jean Jarogh!

  • Addendum pour Jean Jarogh@

    Restons prudents sur les allégations quant au séquençage du génome des individus créatifs. Je reste assez réservé. Depuis le RP Gregor et ses pois lisses, verts, jaunes ou plissés, la génétique a bien changé, c’est d’ailleurs la discipline scientifique qui a le plus évolué, surtout depuis une bonne trentaine d’années et il est difficile de suivre, même pour l’amateur prétendument éclairé.

    Les mécanismes biochimiques de la transmission de l’information génique, avec leur part de déterminisme et d’aléatoire, sont d’une telle subtilité qu’ils nous échappent encore grandement. Le génotype est certes déterminant pour les traits de votre visage, la conformation de votre anatomie et la transmission de maladies héréditaires, et mille autres caractères, mais il n’est pas prédominant dans le développement de votre phénotype : le milieu environnemental, l’éducation reçue, la sociabilité acquise auprès de vos proches sont plus importants.

    A supposer que l’on retrouve, Jean, au cimetière St-Marx à Vienne, un bout de fémur authentifié et reconnu de Wolfgang Amadeus et que l’on puisse incorporer sur votre génome la séquence reconnue spécifique du génie créatif, ce n’est pas demain la veille que vous allez nous composer une nouvelle mouture revisitée de la 40e ou de la Zauberflöte. Sur le métier toujours remettre l’ouvrage, il vous faudra bosser d’acharnement. Même tabac pour les gènes de la « folie », rien n’est écrit. Mais il vrai qu’en ce domaine, avec votre clinique poznave, vous êtes un expert…

    Bien le bonjour en Nongrie.

  • Vous avez raison et c`est une grande vérité parfois ignorée que le phénotype est la résultante de la combination génotype - influences extérieures. La créativité commence a etre étudiée au niveau de la neuropsychologie (par exemple les modeles nurologiques de Heilman ou celui de Flaherty a Harvard sans meme parler des recherches menées a la clinique psychiatrique du Pr. Zinzin dans la dimension poznave) et les éventuelles corrélations entre génotype et créativité devraient par la suite pouvoir etre corroborées a ce niveau également pour etre acceptables.

  • Eh les mômes, va falloir vous mettre à jour. Fini la récré.
    La série sur Netflix devrait vous permettre de vous déniaiser la moindre.
    Tout est déjà possible aujourd'hui avec CRISPR.

  • Ben Jenni, ne faut pas nous prendre pour des billes, sûr qu’on connaît, ou du moins l'on en a entendu causer, le ciseau génétique CRISPR-Cas9 qui permet de faire du couper-coller sur le génome et qui, en médecine, est porteur de beaucoup d’espoir pour traiter les maladies héréditaires, les pathologies dégénératives en travaillant sur les cellules-souches de l’embryon par exemple. Refaire des neurones, des ostéoblastes et des myoblastes tout neufs, le beau rêve…
    Pour le moment, chez l’humain, cela reste encore techniquement du trapèze volant, gaffe à ne pas empiéter en coupant des gènes sains (effets hors-cible) et déclencher des effets collatéraux dévastateurs…
    En plus des problèmes éthiques que ce la ne manque de soulever (voir le cas des jumelles chinoises), le fond du problème évoqué par le « mômes » que nous sommes est toujours d'actualité : même si le génome est modifié, rafistolé, rapetassé, rénové, l’expression du phénotype de chaque individu ne dépendra toujours pas essentiellement que de lui. Du moins tant que l’on n’aura pas mis en évidence la séquence génique de la connerie. Le but des travaux de la clinique du Dr Zinzin, si je ne m’abuse…

    Désolé pour Jacques Davier, dont le blog n’est pas une annexe du Lancet. Merci à lui.

    https://actu.epfl.ch/news/crispr-au-dela-de-la-genetique-2/

  • Votre poème me touche énormément car je m'y suis totalement retrouvé. En effet, j'ai toujours eu le sentiment que le but ultime de chacun devrait être d'être en harmonie avec l'Univers. Je suis bien conscient qu'à notre époque cela peut paraître ridicule, mais je m'en moque éperdument. Être en harmonie avec l'Univers, en communion avec lui, sur la même longueur d'onde que la Source ultime. Si l'on y arrive je pense que tout est possible, car cette force nous guide et nous fournit une énergie sans limite. Il est cependant difficile d'atteindre ce stade et encore plus de s'y maintenir, mais ne sommes-nous pas sur cette terre pour apprendre et se perfectionnner? Merci!

  • Merci, Gislebert, pour cette attention! Pas de soucis, mais, n'étant personnellement pas qualifié en la matière, je me suis permis de m'abstenir de participer à cette discussion! Bien à vous, JD

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