Poèmes de l'ablation (II)

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Cycle de poèmes écrits en 1996, lors d'une étape importante de ma vie... (2/6)

II

 

Attendri je me revois adolescent

Je foulais d’un pas lent le chemin creux

Mystérieux et froid qui, droit comme un i

S’enfonçait entre clôtures et taillis

 

Le long du bois au jour évanescent

Non loin du lugubre Château Leleux

Quand au-dessus de moi les frondaisons

Chantaient la douce musique du vent d'amont

 

Oui, je pleurais en vain la joie de vivre

Les offrandes avinées de clameurs

De vivats de hourras et holàs que, ivres,

 

Nous faisions mon coeur et moi, fébriles

Et heureux d’avoir vaincu toutes nos peurs,

Aux tristes sourires des filles indociles

 

Jacques Davier (1996)

 

Lien permanent Catégories : Genève, Poe aime! 6 commentaires

Commentaires

  • @Jean Jarogh

    Du JB ? Détrompez-vous, mon cher JJ, jamais de whisky avant de rédiger un commentaire, n’en suis ni amateur, ni connaisseur. Pas abstème pour autant, plutôt porté (modestement) sur les rouges du Bordelais, pas forcément les grands crus hors de prix (encore que si l’on m’invite…), mais des crus bourgeois qui stimulent les papilles et réchauffent le cœur. Le bordeaux, c’est bien connu, reste le lait des vieillards, plus gentiment dit des schnocks qui b..dent encore…

    Si ce n’était mon uricémie qui m’occasionne des misères, je me laisserais aller vers les blancs, les spécialités du Vieux Pays ou des coteaux de Dardagny et bien d’autres encore, hélas, me connaissant, je ne saurais pas ne pas en abuser et ces nectars vous niquent la santé aussi insidieusement qu’un prédicateur salafiste l’aire de la comprenette d'un mahométan lambda. Profitez pendant que vous le pouvez de vos splendides tokays.

    Une caresse à vos greffiers, histoire de leur lustrer le poil.

    Bien le bonjour en Nongrie.

  • Trop aimable de répondre a mon idiote curiosité du moment encore sous influence d´un bouquin lu récemment sur l´histoire de Médecins sans frontieres. Autant le reconnaitre, j´envie ce genre de parcours de vie.

    Je transmets caresse aux matous et bonjour a la Zongrie en vous souhaitant santé et longue vie, docteur.

  • Avec tout cela, on n’a rien dit de vos vers dardagnyesquement verlainiens. Si, si, cela m’évoque et relisez ce numéro de « La Bonne Chanson » :

    La lune blanche
    Paul Verlaine

    La lune blanche
    Luit dans les bois ;
    De chaque branche
    Part une voix
    Sous la ramée…

    Ô bien-aimée.

    L’étang reflète,
    Profond miroir,
    La silhouette
    Du saule noir
    Où le vent pleure…

    Rêvons, c’est l’heure.

    Un vaste et tendre
    Apaisement
    Semble descendre
    Du firmament
    Que l’astre irise…

    C’est l’heure exquise.

  • Un addendum pour le week-end.

    « Aux tristes sourires des filles indociles »

    Vaut mieux qu’elles le soient, indociles. D’abord où seraient le mérite et le plaisir d’emporter des forteresses prétendument imprenables ?

    Et puis, quand on connaît la nature profonde de l’espèce avec la tentation esclavagiste chevillée au plus profond de son cerveau reptilien, la docilité conduit à l’exploitation quand ce n’est pas la tyrannie domestique…

    Me reviennent en mémoire les vers d’Eluard « Comprenne qui voudra », cités par un président de la République en conférence de presse, en réponse à un questionnement d’un journaliste sur un fait divers tragique qui secouait le Landerneau médiatique de l’époque, le suicide d’une enseignante poursuivie pour une liaison amoureuse avec l’un de ses (grands) élèves. G ; Pompidou, un agrégé qui savait ses classiques, avait botté en touche, prudemment. Rappelons que le poème d’Eluard célèbre le courage des valeureux fiers-à-bras de l’épuration qui s’en prenaient avec leurs ciseaux vengeurs aux filles dociles, aux filles faciles, souvent mères, coupables de collaboration horizontale.

    http://textesatoutvent.blogspot.com/2012/06/comprenne-qui-voudra-paul-eluard.html
     

  • Merci, Messire Gislebert, vous tenez la grande forme!

  • J'ai toujours préféré les chemins tortueux, la ligne droite m' effraie un peu, surtout la dernière ;), lynchéene. Un peu tracassé David Lynch par la ligne droite:
    https://youtu.be/XuK8NIBKUm8
    https://youtu.be/3SpG7C4vHZQh
    https://youtu.be/fjREGwEIvQI

    je dois avouer que c' est un ravissement de vous lire et Verlaine également, merci à vous deux. Dardagny me fait un peu l'effet Giverny. Ce doit être le y, à la croisée des chemins. Bonne soirée.

    https://www.poetryfoundation.org/poems/42891/stopping-by-woods-on-a-snowy-evening

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