Dardagny (Portrait de la Terre)

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Dardagny est ma terre, mon village, mon repaire et mon refuge… Dardagny l’hiver est un lieu magique. Les vignes enneigées sont comme endormies, et mon âme s’allie à ce paysage silencieux, que seul un croassement trouble, rare et lointain…

Pour J.M.G. Le Clézio

PS : il s'agit d'une republication, comportant de légères modifications.

La terre, portant son manteau noir

D’arbres pelés, de feuilles mortes

Embrasse le triste manoir

Où s’en vont les folles cohortes

 

Les vignes, parsemées de blanc

Roulent loin leurs vagues statiques

Et sautent (mais font-elles semblant?)

Au cou des frimas extatiques

 

Ici, un étang sous la glace

Qu’une berge immobile enlace

Le chemin creux d’où s’envola

 

Cette horde criante, est là

Dans le fond, comme un long cordeau

Le Jura, blanc, montre son dos…

 

Jacques Davier

Lien permanent Catégories : Poe aime! 6 commentaires

Commentaires

  • Terreau fertile à voir votre portrait. Autant mettre un masque vénitien.

  • Bonsoir,

    Pas d'alarmes et pas de surprises à cet endroit, quoique les vignes ont l'air de taper sur le système du Jura, ;)
    @ Messire Gieslebert: merci, je vous retourne les compliments, vous n'avez pas de blog? ;)

  • Lorsque je vivais rive droite, presqu’au temps de ma jeunesse folle pour paraphraser Villon (mais moi je n’avais pas fui l’école et j’avais maison – enfin, un appart en location – et couche molle…), nous allions nous promener dans le Mandement. Russin, La Plaine, Bourdigny , Malval et compagnie, autant de noms qui chantent et enchantent la belle campagne genevoise.

    Nous posions nos bicyclettes pour vadrouiller dans le Val de l’Allondon les jours sans trop de (pique)-niqueurs, puis remonter sur Dardagny et s’attabler à l’Auberge communale à l’ombre de platanes ou aller rendre visite à la Cave des Rothis pour passer commande. C’était le charme du printemps, de la fin de l’été d’avant les vendanges, sans nuées noires croassantes, plus lumineux mais en fin de compte moins poétique que votre sonnet qui m’a fait penser à un hiver peint par Monet. Charles d’Orléans, contrairement à vous, n’aimait pas l’hiver, mais à son époque, prisonnier dans la froide Albion, sans chauffage central, on peut le comprendre…

    Mais vous, Hiver, êtes trop plein
    De neige, vent, pluie et grésil;
    On vous dût bannir en exil
    Sans vous flatter, je parle plain,
    Hiver, vous n'êtes qu'un vilain.

  • @Frieda
    Oui, le jura n'aime pas les vignes, apparemment! Merci pour votre commentaire! JD

    @Gislebert
    Rien qu'à lire vos souvenirs du Mandement, de l'Auberge de Dardagny et des Rothis, cela fait vibrer en moi une petite fibre, presque patriotique! Et il est toujours sympa de rendre visite à la librairie Bagnoud, chez Danièle, face au temple, vraie caverne d'Ali Baba où je me procurai mon premier Nicolas Bouvier! Merci pour Charles d'Orléans, j'aime toujours découvrir d'excellents poètes! JD

  • @Frieda : « Vous n’avez pas de blog ? »

    Jamais de la vie, Madame, déjà que les souvenirs se font la malle, si en plus je dois débloguer à pleins tubes, je risque de créer du souci à mes petits-enfants…

    Apprenez, ma Chère, que j’ai été déconnologue dans une vie antérieure, sans grande réussite thérapeutique je l’avoue et suis resté sensible à cette problématique fort répandue dans l’espèce, tout spécialement sur le réseau.

    Il y a déjà pléthore de blogs, beaucoup anémiés, en hypoventilation en quelque sorte ou carrément aux soins intensifs, avec peu ou pas de commentateurs. Certains tauliers sont comme des mini-comètes, de passage très périodique. mais moins prévisibles. À la connerie ambiante pourquoi irais-je ajouter la mienne, je vous le demande bien…

  • @Monsieur Gieslebert,
    Comme vous dites,
    La banquette de ce train est pas mal aussi:
    https://youtu.be/1jgyXWeQJjY

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