Robert Calvert, from Hawkwind to the Starfighters (Les perles du rock, 3)

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Ce troisième billet de notre série "Les perles du rock" vous parle de Robert Calvert (1945-1988), poète, chanteur, musicien, artiste multimédia et auteur dramatique actif sur la scène rock anglaise des années 1970 et 1980. Calvert ayant peu à peu sombré dans l’oubli après sa mort, j’ai à cœur d’attirer l’attention sur lui, en particulier sur ses chansons, interprétées en solo ou avec son groupe Hawkwind, qui ne sont pas de la petit bière, car elles sortent du meilleur tonneau ! Ceux d’entre vous qui feront l’effort d’écouter les quelques morceaux cités ci-dessous, ne le regretteront pas !

Robert Calvert, après avoir dû renoncer à réaliser son rêve de devenir pilote d’avion de chasse dans la Royal Air Force, rejoignit la scène bohème et undergroud londonienne de la fin des années soixante, où il s’intégra peu à peu. Il écrivait de la poésie, et créa notamment une troupe de théâtre de rue, Street Dada Nihilismus, inspiré peur-être par les facéties scéniques du  Bonzo Dog Doo-Dah Band !

Puis, il rejoignit l’équipe du magazine underground Frendz, ce qui lui permit de faire la connaissance d’écrivains de science-fiction, en particulier de Michael Moorcock, avec lequel il devint ami, et qui publia ses poèmes. C’est durant cette période que Calvert rejoignit le groupe de rock Hawkwind, entamant une collaboration fructueuse. Il commença par écrire les textes du livret accompagnant le 33 tours X In Search Of Space (1971), largement teintés de science-fiction, puis eut un rôle fondamental dans la conception et l’organisation de la tournée 1972 du groupe, les Space Ritual Shows, concerts lors lesquels il endossait les costumes de chanteur et de poète déclamant ! Le space rock était né !

En 1974, ayant quitté Hawkwind fin 1973, Calvert produisit son premier disque solo, Captain Lookheed And The Starfighters. Basé sur le scandale des F-104G Starfighters allemands, défectueux et responsables de la mort de près de 110 pilotes, cet opus permit à Calvert de développer des thèmes liés à sa passion pour l’aviation de chasse.

Après un second disque solo, Calvert rejoindra à nouveau Hawkwind en 1976 pour trois ans d’intense collaboration avec le leader Dave Brock (pas moins de quatre disques), avant de quitter définitivement le groupe en 1979, essentiellement du fait de sa maladie (il était atteint de troubles bipolaires), qui rendait son fonctionnement au sein de Hawkwind de plus en plus difficile. Il mourra d’une crise cardiaque en 1988, non sans avoir mené une deuxième partie de carrière en solo tout à fait honorable.

Les titres ci-dessous sont tous écrits ou co-écrits par Calvert. Ils sont également chantés par lui, sauf Silver Machine, qui est chanté par Lemmy (la voix de Calvert existe, mais elle est noyée dans le mix. On peut cependant l'entendre, sans celle de Lemmy qui a été rajoutée après-coup, dans la version originale, non remixée, du morceau, disponible sur le disque Greasy Truckers Party, enregistré en 1972), et The Song Of The Gremlin, qui est chanté par Arthur Brown.

Jacques Davier

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Commentaires

  • Vu en concert avec Hawkwind durant l'été 1976, dans l'enceinte du château de Cardiff. Période "Astounding Sounds,..", peu avant le mélancolique "Spirit of the Age". L'album vinyl de 1977 "Quark, Strangeness and Charm" était accompagné de six diapositives en couleurs extraites de cette tournée durant laquelle Calvert portait des lunettes d'aviateur semblables à celles de James Coburn dans "Il était une fois la Révolution", et tirait à blanc sur la foule avec une mitraillette STEN durant "Urban Guerilla", un titre interdit sur la BBC. Heureuse période en Europe. Thatcher, Reagan et Mitterrand n'avaient pas encore sévit sur cette planète, et l'on pouvait rêver d'un espace intersidéral dans lequel on avait envoyé alors ni cabriolet ni milliardaires.

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