Sur la banquette de l'Univers

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Où étions-nous avant la naissance, avant le temps, avant la matière, avant que le monde soit monde, avant que tout n'existe?

Je me souviens la vie n'était pas encore commencée

Le monde n'était alors qu'une immense Pangée

Et où étiez-vous, mes amis, oui, où étiez-vous

Ceux qui se présentent ainsi?

 

Je me souviens la vie n'était pas encore commencée

Les poètes n'avaient toujours pas lancé leur bouée

Et où étiez-vous, oui, mes amies, où étiez-vous

Celles qui se comportent ainsi?

 

Je me souviens le monde n'était pas encore né

La grâce des mots ne nous avait pas réconciliés

Et que faisiez-vous, vous tous, mes amis

Dans le noir de la nuit réinventée?

 

Je me souviens le monde n'était pas encore né

Nous flottions dans l'absence incréée

Etres en devenir nous chérissions déjà nos souvenirs

Et nous nous préparions à quitter l'immortalité

 

La vie n'était pas encore commencée

Le monde n'était pas encore né

Je me souviens de mes voyages dans l'infini de la pensée

Au-delà des mers, des cieux, des étoiles, des galaxies

 

Où règne le silence éternel des espaces ultimes

En chemin je mis quelques pièces dans la fente de la caissette

Et me saisis du journal que je lus

Assis sur la banquette de l'Univers

 

Jacques Davier, Mai 2019

Lien permanent Catégories : Poe aime! 3 commentaires

Commentaires

  • Bonjour,
    Vous faites bien de voyager sur l'Univers, pour retrouver la matière manquante, ça remue les tripes sur la banquette du "crazy train" du Monde...;)

  • Petit commentaire décalé, juste pour le fun.

    La « banquette de l’Univers »… Palsambleu ! Rien à dire, vous avez le chic pour la trouvaille métaphorique, Jacques, pourquoi pas un strapontin avec vue sur l’horizon du noyau initial ou encore un sofa pour contempler, allongés à la romaine, le temps retrouvé ?

    Dans l’île-continent primordiale, la fameuse Pangée de Wegener, la vie depuis longtemps avait émergé de la purée de quarks originelle, lorsque nos ADN rescapés s’étaient rencontrés au comptoir du Bar des Poètes, entrelaçant leurs brins en d’improbables recombinaisons, chacun anaphorisant et métaphorisant ses stances lors des Jeux Oulipiens, inventant la poésie et le chant pour quitter ses oripeaux reptiliens… (rime riche)

    C’était une époque bénite, sans béni-oui-oui, un âge d’or dévolu aux poètes et musiciens qui s’escrimaient à magnifier le fabuleux mais accablant destin de notre espèce Rattus sapiens sed cupidus, où les revendeurs de journaux, dont vous parlez, retrouvaient leur dû dans la tirelire de leur caissette et non de la fausse monnaie ou des boutons de culotte…

    Gente Dame Frieda@, elle vous manque vraiment cette mystérieuse matière noire pour votre équilibre gravitationnel ?

  • @Gislebert
    Merci pour votre commentaire, toujours excellent. Je vois que vous ne faillissez pas à votre réputation! J'irai faire un tour, plus que ça, jeter un coup d'oeil aiguisé, au Bar des poètes!
    Bien à vous, JD

    @Frieda
    Il se peut d'ailleurs que j'y aille avec le "Crazy Train" à travers the big black hole!
    Bien à vous, JD

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