Le puits (X Cygnus)

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X Cygnus est un trou noir découvert en 1972 dans la Constellation du Cygne.

Au fond du puits du temps

Je plonge mon regard

Deux yeux grands ouverts

M’observent

 

C’était toi je crois, ô soeur

Qui me regardait ainsi

Tu n’étais pas encore venue

Et t’en étais déjà allée

 

Le temps lie à travers l’espace

Les amours à naître

Et celles trépassées

Avant de te connaître

Je te savais lassée

 

Au fond du temps, ô soeur

Les espaces silencieux

Unissent les galaxies aux

Galaxies et vers le haut

Plonge le regard du puits

 

Ce beau regard incréé

Et moi poussière devenu

 

Je sais que nous       nous

Sommes connus       avant

L’univers gisait       inexplosé

J’étais en toi et toi en moi

Nos matières et nos âmes

Mélangées à nous-mêmes

Et à la Création

 

au fond du puits du temps

je vois deux grands yeux

ils me sourient et       je sais

qu’ils m’aimeront      un jour

comme ils m’ont déjà aimé...

 

Jacques Davier

Lien permanent Catégories : Poe aime! 2 commentaires

Commentaires

  • Bonjour Monsieur Davier,

    La poésie permet toutes les licences, vous en usez avec bonheur dans ces quelques vers libres. Vous y allez même carrément en défonçant le mur de Planck, en vous posant sur la margelle du puits du temps (belle image) et en le sondant du regard. Hélas, mon pauvre, vous risquez gros : d’une part vous ne verrez que dalle, le trou noir par définition ne laissant passer aucune longueur d’onde dans le spectre du visible et avant cela, il vous faudra encore l’approcher (Schwarzschild au secours !) en accomplissant un voyage sans retour, l’horizon se fermant sur vous. Aspiré dans ce maelström comme un poil de votre barbe dans le tourbillon d’un lavabo qui se vide, vous serez étiré, littéralement « spaghettisé » pour finir éclaté complet, moléculisé de l'autre côté du mur.

    Blague à part, vous revisitez à la fois le père Hugo « La Conscience » : L’œil qui regardait Caïn… et surtout Nerval, avec quelques strophes du « Christ aux Oliviers ». Bien sûr, c’est un brin boursouflé et redondant, romantisme XIXe pur sucre, mais cela sonne étrangement prémonitoire et visionnaire. Les symbolistes et les surréalistes sont encore dans l’antichambre attendant leur Big Bang…

    Un lien pour ceux que cela intéresse.

    http://www.ca-se-passe-la-haut.fr/2014/02/les-poetes-visionnaires-de.html

    Bien à vous.

  • Bonjour Gislebert,
    Merci beaucoup pour ce commentaire, très encourageant! J"apprécie particulièrement le passage sur le trou noir, qui pourrait carrément être un reportage en live du "voyage" final de 2001 L'Odyssée de l'espace! Quant à Nerval, je suis depuis longtemps un fan absolu de El Desdichado, poème qui a un peu trop occulté, en ce qui me concerne, les autres Chimères! Mais Le Christ aux Oliviers est un sommet, tout comme La Chanson du Mal-Aimé, du grand Apollinaire!
    Bien à vous, JD

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