Réponse à Antoine Vielliard au sujet des Genevois "profiteurs"

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Antoine Vielliard, dans son billet intitulé Les frontaliers, des profiteurs ? Vraiment ?, publié dans son blog le 25 mars 2019, affirme notamment que "les Genevois sont des profiteurs : ils se font servir, soigner, conduire par des frontaliers mais passent leur vie à les insulter et les discriminer. Ils profitent pour leurs achats des prix français."

Voici ma réponse.

Cher Monsieur,

Je suis Genevois, mais je ne me reconnais pas dans le portrait du "profiteur" que vous brossez. Je n'ai jamais demandé à être servi, soigné, conduit par des frontaliers. Et je ne les insulte pas, ni ne les discrimine! La situation qui permet de tirer profit des frontaliers (mais ce n'est pas toujours le cas, heureusement!), est hélas voulue par l'économie qui tire pleinement avantage, elle, du dumping salarial. Et par ses alliés politiques, qui ne sont pas ma tasse de thé et pour lesquels je ne vote plus depuis longtemps. De plus, cette économie n'est souvent même pas genevoise ni suisse, elle est juste localisée chez nous, mais les capitaux et les cadres sont étrangers. Non, je ne "profite" pas des frontaliers, ni ne profite des prix français, étant donné que je fais exclusivement mes achats dans le canton de Genève!

Je viens d'une région frontalière du canton où les "Genevois" ont toujours vécu en bonne entente et harmonie avec les "Français", et où il n'est pas rare que les liens familiaux chevauchent la frontière, tout comme les champs et les vignes. Ce sont des données économiques et sociales qui existent de longue date. J'ai toujours considéré le Pays de Gex comme étant "chez moi" autant que le Mandement. Dans ce contexte, où on n'a jamais d'ailleurs parlé de "frontaliers", il est difficile de voir les Genevois comme des "profiteurs"!

Cela dit, je trouverais normal que les postes de travail à Genève dans la restauration, la santé et les transports soient occupés par des Genevois, en priorité, comme vous trouveriez certainement normal qu'ils le soient par des Français à Saint-Julien. Ne fût-ce pour qu'on ne puisse plus taxer les Genevois de "profiteurs"! Mais vous ne manqueriez pas de rétorquer que les frontaliers ont le droit d'occuper lesdits postes!

En conclusion, je dirai que vous y allez un peu fort. Avec votre façon de voir dépourvue de nuances, nous sommes tous les profiteurs de quelqu'un!

Cordialement,

Jacques Davier

Lien permanent Catégories : Air du temps, Humeur, Politique 1 commentaire

Commentaires

  • Bonjour Monsieur,

    Comme vous l’aurez compris en la lisant, il ne s’agit que d’une réponse à ceux qui prétendent que les frontaliers, et en particulier les Suisses vivant en France seraient des profiteurs sous prétexte qu’ils souhaitent que leurs enfants soient scolarisés dans les écoles de leur canton d’origine et auquel ils paient des impôts. Les profiteurs sont au contraire ceux qui perçoivent les impôts et refusent d’assumer des charges.

    Vous affirmez que vous n’avez jamais demandé à être soigné, servi et conduit par des frontaliers... mais vous avez demandé à être servi, soigné et conduit et une majorité de Genevois a contribué à la pénurie de logements. Ils ne peuvent donc matériellement être servis, soignés et conduits que par des frontaliers. Quant aux insultes, si vous ne les avez pas proférées vous mêmes, constatez pour le moins la tolérance collective sur des propos discriminatoires, insultants et offensants !

    Enfin, en demandant l’accès aux marchés européens, en exigeant que les entreprises suisses n’y subissent aucune discrimination, en souhaitant que les 450000 suisses installés dans l’Union y bénéficient des mêmes droits économiques et sociaux que les européens vous avez renoncé au pouvoir de discriminer de votre côté également. Les emplois à Genève ne sont plus des emplois genevois si Genève veut accéder aux marchés européens.

    Bien cordialement,

    Antoine Vielliard

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