Le vol des lettres (5ème partie)

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5. Une Lettre pour Elise

 

Frédégonde Elise, toutefois, ne put tolérer ce dénouement. Meurtrière en série (exemple Clovis, fils de Chilpéric), multi-récidiviste, elle voulut du crime, une tonne de crime et des victimes bien refroidies. Elle se mit en tête de retrouver les lettres volées pour les seriner en bonne et due forme, et les voir définitivement étendues en le fond du trou.

Elle rejoignit Delechut, pour qu’il l’informe du lieu sûr où il mit les voyelles. Elle le trouve en Genève, sur le chemin d’une Bibliothèque de zone. Il est pris de remord, refuse de divulguer le lieu, ne veut ce meurtre. Les lettres ont souvent gémi lors de l’enlèvement, elles souffrent et il souffre de même ; pour elles, pour elles, il souffre et peine et souffre et tellement, tellement de remords éprouve qu’il croit être perdu, en Enfer tombé…

Il compose donc une Lettre pour Elise (Für Elise), lui, fortiche ès nombreux instruments de musique, et joue ce futur tube très, très fort, puisqu’un public nombreux, scotché en ce bus genevois, écoute cette belle musique. Il pense, lui le désespéré, qu’il produit ici quelque chose de terrible, de tigresque, de monstrueux, de beethovenesque, voire presque teinté de rock pink floydesque, digne du splendide Echoes, et se félicite de son génie…

Ce son est joué pour Frédégonde Elise, il veut rendre plus douce cette personne dont l’instinct est bien trop meurtrier. Est-ce succès ? Elle, toute tournée vers les lettres, n’entend rien de cette Lettre, et fuit vers grenier de Bibliothèque pour piéger son ex-complice, « devenu fou », qu’elle dit. Plongée en ombre de combles, elle ourdit piège, tend filets, tisse toile, telle une pour insectes (et Delechut insecte est devenu, oh oui).

Louis Jules, chu d’express, siffle Ennio, veut voir fille, entre en bus, court vers zone, prend un siège, espère mots, scribe perdu, et s’endort.

Entre temps, Frédégonde Elise voit Delechut, lui tire dessus, le pulvérise, jette les bouts hors immeuble, et s’enfuit.

(A suivre)

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