09/01/2019

Les apprenants et les apprentis

Parle-t-on français au sein de l’administration fédérale? Une offre des Services du Parlement permet d’en douter. En effet, il est demandé au futur collaborateur d'avoir de l'expérience "dans la formation d'apprenants " (je souligne)! Les chaussettes m'en tombent! On ne pouvait forger, dans les officines bernoises bien-pensantes qui se piquent de correction politique et autres épicéneries, néologisme plus comateux! Le noble substantif est ici vilipendé au profit d'un plat participe présent péniblement pétri par un quelconque linguiste de carnaval... Serait-ce parce qu'apprenti aurait, pour certaines cervelles aux insaisissables méandres, une quelconque charge négative? Si oui, on se demande bien pourquoi! Ô vous, diffuseurs d'offres d'emploi ou d'embauche, pas seulement fédérales d'ailleurs, ne pouvez-vous donc pas parler français, plutôt que baragouiner ce charabia approximatif, fait de vacillants vocables vains et vides, qui est à la mode?

Qu'on se le dise! Nous disposons dans notre vocabulaire d’excellents mots français qui ont fait leurs preuves, tels qu’apprenti, évidemment, mais aussi étudiant, élève, novice, débutant, néophyte, en herbe, stagiaire ou tout simplement collègue en formation. Et il y a encore d'autres synonymes, les dictionnaires en regorgent! Il se peut que certaines personnes éprouvent une joie (non) dissimulée à manier un français revu et corrigé par la bonne pensée, les "point e point s" et l'inclusion, mais, pour ma part, j'ai des goûts plus simples, je me contente du français tout court! Alors, de grâce, qu'on reste classique et qu'on nous épargne ces inutiles nouveautés et improbables trouvailles!

 

 

22:46 Publié dans Humeur | Tags : politiquement correct, français, vocabulaire | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

Vous avez parfaitement raison et cela n’a rien de neuf: ce néologisme circule depuis près de dix ans.
Ceci dit cela part d’une bonne intention de valoriser apprentissage car, effectivement, le mot apprenti a acquis une connotation négative dans l’esprit populaire : si tu ne réussis pas ton cycle, tu seras « arpet ».

Je suis cependant entièrement d’accord avec vous que cette manœuvre manque sa cible même auprès des principaux concernés qui se dénomment encore eux-mêmes « apprentis » malgré que sur leur contrat d’apprentissage figure le terme apprenant.

Lorsque l’on veut changer la perception de quelque chose il ne suffit pas de ne changer que l’étiquette...
Il y aurait déjà un travail à faire auprès des profs du cycle qui considèrent l’apprentissage comme un second choix si on ne peut pas faire une matu

Écrit par : Daniel Zaugg | 12/01/2019

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